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Visite royale : la réconciliation en territoire déné

Le prince de Galles et la duchesse de Cornouailles ont conclu leur tournée royale canadienne ce jeudi 19 mai, par une visite historique de Dettah et de Yellowknife. L’escale d’environ cinq heures aura permis au couple – et à la presse internationale – de mieux comprendre le sens de la réconciliation en terre dénée.


Des fourrures, un tambour, et une paire de raquettes sont disposés sur une table de piquenique du parc Rotary, à Yellowknife. Tammy Steinwand, employée au gouvernement Tłı̨chǫ, a également un cadeau pour le prince. « S’ils ne vous font pas, s’il vous plait, retournez-les et je vous en enverrai d’autres! », plaisante-t-elle en lui offrant une paire de mocassins, spécialement confectionnés pour le visiteur.

Tirant le maximum de son court échange avec le prince, Mme Steinwand avait sa place le 19 mai au sein d’un vaste comité d’accueil. Leurs Altesses Royales n’auront eu que quelques heures pour entendre tout ce que leurs hôtes, dans un esprit de réconciliation, avaient à leur exprimer.


La vérité sur les pensionnats indiens

Dans son discours de clôture, prononcé devant une foule d’environ 300 personnes rassemblées au cercle cérémonial de Yellowknife, le prince a notamment reconnu, en son nom et celui de la duchesse Camilla, la souffrance vécue par les victimes des pensionnats indiens.



« Il a été profondément émouvant de rencontrer les survivants des pensionnats indiens qui, avec tant de courage, ont partagé leurs expériences, a-t-il souligné. Tous les leadeurs m’ont signifié l’importance de faire cheminer la réconciliation au Canada. Nous devons écouter la vérité entourant les expériences vécues par les peuples autochtones, et devons travailler à mieux comprendre leurs douleurs et leurs souffrances. »

« Nous avons tous la responsabilité d’écouter, de comprendre et d’agir de manière à bâtir les relations entre les autochtones et les non-autochtones du Canada, a-t-il ajouté. Nous avons été honorés d’en apprendre davantage sur l’autodétermination, la préservation vitale des cultures et des langues autochtones, et les conséquences désastreuses du changement climatique sur les modes de vie et l’équilibre naturel. »



Visite historique de Dettah

Pensionnats indiens, violence faite aux filles et femmes autochtones, gouvernements autochtones autonomes, changement climatique… bien des thèmes ont été abordés au cours de ces quelques heures coordonnées au quart de tour.

Le couple a débuté sa visite à Dettah, accueilli par une cérémonie du feu et près de 200 membres de la communauté, incluant plusieurs élus des collectivités et régions autochtones.

La duchesse de Cornouailles s’est ensuite dirigée vers le centre de transition Lynn’s place, à Yellowknife, où sont accueillies femmes et enfants qui fuient la violence familiale.

Selon les notes transmises aux médias, cette dernière s’est assise avec des intervenantes et des femmes qui ont recours aux services du centre. « Ces femmes sont très chanceuses que vous soyez là, aurait-elle dit à une intervenante, qui avait confié avoir été elle-même victime de violence conjugale. [Ce type de ressources] ont été cachées trop longtemps, personne n’en parlait, mais, maintenant, nous pouvons en parler. Il n’y a pas à avoir honte. »

De son côté, le prince est allé discuter avec les chefs de la région, alors que la communauté et les leadeurs l’attendaient dans la grande salle pour une courte démonstration de partie de mains – jeu d’équipe autochtone –, suivie d’une danse au tambour. Son Altesse Royale s’est laissé emporter dans le cercle, au rythme des tambours des Yellokwnives Dene Drummers.



Un pas vers la réconciliation

Présente à Dettah, la première ministre des TNO, Caroline Cochrane a souligné l’importance, pour les peuples autochtones, des relations avec la couronne. « La Couronne doit faire partie du processus de réconciliation avec les peuples autochtones. Visiter la région, assister à une partie de mains, parler aux chefs, prendre part à la cérémonie du feu, tout cela fait partie de la réconciliation, souligne-t-elle. Il est temps que tous les leadeurs de la nation et d’ailleurs réalisent qu’il est temps d’avancer vers la réconciliation avec les peuples autochtones du monde. »

« Les peuples autochtones ont une relation spéciale avec la couronne. Je ne crois pas que les gens le réalisent suffisamment, ajoute-t-elle. Je crois qu’il est très important que la monarchie entende les peuples autochtones, pour être en mesure d’entamer ces discussions et de s’adresser aux bonnes personnes quand vient le temps de parler de réconciliation. »

Le grand chef Tłı̨chǫ, Jackson Lafferty, a pour sa part parlé d’une journée historique pour la région, et dit espérer de prochaines visites. « Il y a très longtemps qu’il n’était pas venu aux TNO. Il y a longtemps qu’il n’avait pas visité une petite collectivité autochtone. Nous sommes heureux de le voir ici, se réjouit-il, soulignant la présence d’ainés et de leadeurs de l’ensemble du territoire. Nous espérons davantage de visite du genre dans les prochains temps. Il est important de créer des liens et de bâtir des relations avec la monarchie. »




Un aperçu du changement climatique

Le couple royal s’est ensuite dirigé vers Yellowknife, avec un emploi du temps chargé, et plus que quelques heures avant le décollage. Le prince a notamment été nommé membre honoraire des Rangers canadiens, dans le cadre du 75e anniversaire de l’organisation.

Résidents et journalistes attendaient ensuite sa présence au parc Rotary Centennial, où commence, en saison hivernale, la route de glace qui relie Yellowknife à Dettah. Tim Heron, ainé de la nation métisse et détenteur du savoir traditionnel, en compagnie du chercheur Steve Kokelj spécialiste du pergélisol pour le gouvernement des TNO. Tous deux ont informé le prince sur les effets du changement climatique, à l’entrée de la route de glace qui relie la municipalité à Dettah.

« Nous avons été en mesure d’informer brièvement le prince sur les conséquences du changement climatique sur la structure de glace du Nord. Mais je crois que nous avons également réussi à mettre l’accent sur différentes perspectives et différents types de savoirs, pour vraiment équiper notre société et lui permettre de s’adapter, et le savoir autochtone, sur ce plan, joue un rôle considérable », a résumé M. Kokelj, avant de relayer l’entrevue à son collège.

« Le savoir traditionnel se construit depuis des milliers d’années, poursuit M. Heron. Il faut le transmettre aux jeunes et les intéresser à la science, pour qu’ils s’investissent eux-mêmes pour leurs terres. Vous pouvez bien faire venir un scientifique d’Ontario, qu’est-ce qu’ils savent de nos besoins et de nos enjeux? », a résumé l’ainé.


En retrait de la discussion, le président de la nation métisse des TNO, Garry Bailey, s’est immiscé. « Tous les traités signés avec les peuples autochtones des TNO ont été signés au nom de la reine, souligne-t-il. Quand on parle de changement climatique, la couronne doit reconnaitre ce qui se passe dans la région, et se pencher sur la réconciliation. Cela signifie de s’assurer que cette région est protégée, et que les gens puissent poursuivre leur mode de vie face au changement climatique, indique-t-il. Nous devons tous travailler ensemble. »

Cette visite de quelques heures aux Territoires du Nord-Ouest marquait la fin d’une tournée royale de trois jours en sol canadien, dans le cadre des célébrations du jubilé de platine de la reine Elizabeth II.




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