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Un centre aquatique dispendieux à exploiter

Maigres revenus pour éponger le cout des dépenses au nouveau centre aquatique de Yellowknife.


Les revenus projetés pour le futur centre aquatique de Yellowknife, qui remplacera la piscine Ruth Inch Memorial, ne couvriront que 15 % des dépenses, a-t-on appris lors de la réunion du comité de la Ville du 23 janvier. La Ville prévoit des revenus de quelque 723 000 $ et des dépenses de 4 857 000 $. Ce rapport est plutôt de 24 % pour l’actuelle piscine, selon les chiffres fournis par le directeur des services à la communauté, Grant White, lors de la réunion.


Les revenus proviendront des cours pour les jeunes et les adultes, des locations de salles, par exemple, et des droits d’entrée. Quant aux dépenses, plus de la moitié, soit 56 %, sera pour les salaires uniquement, et un quart pour les services publics.


« Les piscines sont l’une des installations de loisirs les plus couteuses à exploiter en raison du nombre d’employés », a rappelé la mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty, lors d’un entretien Zoom avec Médias ténois. Les terrains de sport, compare-t-elle, ont le taux de recouvrement le plus élevé, car il n’est pas nécessaire d’avoir du personnel municipal sur place pour surveiller les joueurs.


Le nouveau centre aquatique comptera, notamment, deux piscines de 25 mètres, l’une avec huit corridors et l’autre avec trois, deux glissades d’eau, une fontaine à jets d’eau, une rivière tranquille, une cantine et des salles de conférence à louer. Le bâtiment sera quelque deux fois plus grand que la piscine Ruth Inch Memorial et aura 75 % de volume d’eau en plus. Une douzaine de nouveaux postes seront ainsi à pourvoir, dont celui d’un superviseur d’entretien, de cinq responsables à l’entretien des bassins et de trois nouveaux sauveteurs, a énuméré le directeur des services à la communauté, Grant White, lors de la réunion.


Le bâtiment du nouveau centre sera quelque deux fois plus grand que la piscine Ruth Inch Memorial et aura 75 % de volume d’eau en plus. (Crédit photo : L’Aquilon – Archives)


« Les salaires et les services publics sont de loin ce qui coute le plus cher, a-t-il dit. Le bâtiment a été conçu pour réduire les angles morts sur les plans d’eau afin de limiter le nombre de surveillants nécessaires. Quant aux services publics, nous avons demandé que le design dépasse de 15 % le Code national de l’énergie pour les bâtiments et, selon les modélisations énergétiques, on le dépasserait de 70 %. On est très satisfaits. »


La mairesse Rebecca Alty admet néanmoins que les revenus projetés « ont baissé depuis la dernière présentation » et qu’il faut maintenant « évaluer comment les maximiser ». On peut imaginer, par exemple, que les piscines pourraient être divisées pour accueillir plus de groupes, au besoin.


Elle martèle néanmoins l’importance de ce projet. « La piscine est l’une de nos installations qui a la plus grande diversité d’un point de vue socioéconomique, des gens de tous les milieux et de tous les âges y vont. Des gens y apprennent à nager, aussi, ce qui est essentiel, d’autant plus qu’on est entouré de lacs. »


La mairesse ne voit pas, pour le moment, de problème à ce que le taux de recouvrement soit si bas. « À chaque budget, on devra voir si on peut améliorer ce taux, en discuter et aussi voir si c’est acceptable, du point de vue de la communauté, de conserver les frais des utilisateurs plus bas que les taxes compte tenu de l’importance de l’installation. »


Les idées pour améliorer le rapport entre les revenus et les dépenses devraient se préciser après l’ouverture, croit-elle. « Il faudra voir comment sont utilisées les piscines, les glissades, les salles de conférence, par exemple, par rapport à nos prévisions et s’ajuster en conséquence. » La mairesse juge que les estimations fournies par l’administration sont « généralement conservatrices », ce qui devrait limiter les mauvaises surprises. Il demeure que le centre aquatique ne sera jamais rentable ; c’est un service à la communauté.


Rappelons que la construction du centre aquatique coutera 71 millions de dollars. Le gouvernement fédéral et le gouvernement territorial contribuent à la facture, la Ville a puisé dans ses réserves et elle a aussi, à la suite d’un référendum en 2021, emprunté 10 millions pour financer le projet. Un projet qui, dans les livres depuis 2016, devrait être achevé en 2024.


La Ville avait prévenu les citoyens qu’une hausse d’environ 1,27 % des taxes municipales annuelles serait nécessaire pour couvrir les couts du centre aquatique, une fois celui-ci ouvert. Rebecca Alty n’était pas en mesure de dire si cette prévision risquerait d’augmenter. « C’est difficile à dire, car plusieurs facteurs peuvent influencer, dont les salaires qui sont indéterminés en ce moment et qui représentent la majeure partie des dépenses. »

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