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L’aube du modernisme dans la musique classique


Parmi les facteurs décisifs du déménagement d’Antonin Dvorak vers Prague en 1857, il y a sa maitrise du violon et de l’alto, un instrument à cordes frottées qui se trouve entre le violon et le violoncelle. L’apprentissage de ces instruments, qui avait commencé avec les enseignements par son père, s’est développé dans le cadre des festivités locales qui animent la scène sociale en Bohème.


Son intérêt pour la structure théorique de la musique et les méthodes de son écriture dans la musique classique prennent de plus en plus de place avec son oncle Antonin Zedenek, à Nelahozeves, un village situé aux bords de la rivière Moldau ou Vltava, autour de 40 kms au nord de Prague.


Après avoir acquis les connaissances de Zedenek, Antonin Dvorak décide, en 1857, de s’inscrire à l’Institut Sacré de Prague pour poursuivre ses études en composition musicale. Connu sous le nom d’École d’orgue, cet institut a une approche différente de celle du Conservatoire de musique de Prague pour enseigner les techniques de composition musicale, s’inscrivant davantage dans la tradition musicale religieuse catholique.


L’utilisation de l’orgue comme instrument musical était courante en raison de sa capacité à reproduire une grande variété de sons. L’orgue, en moyenne, dispose de 61 touches réparties sur trois claviers manuels et 32 touches reliées à un pédalier, ce qui lui permet de couvrir un large registre sonore. En comparaison, les partitions pour orgue peuvent être écrites en utilisant trois ou cinq clés, ce qui est supérieur aux partitions de piano généralement écrites avec deux clés. Ainsi, il est clair pourquoi Dvorak a choisi l’École d’orgue pour poursuivre ses études de composition, mettant l’accent sur des techniques telles que le contrepoint, la fugue et l’harmonie.


En 1857, Antonin Dvorak entame ses études de composition à l’Institut Sacré de Prague, également connu sous le nom d’École d’orgue. Ses principaux professeurs sont Frantisek Blazek, qui enseigne la théorie musicale, et Joseph Foerster, professeur d’orgue qui joue un rôle crucial dans le développement de Dvorak. Foerster, en plus de son travail à l’École d’orgue, enseigne également au Conservatoire de musique de Prague, où il transmet ses connaissances sur le Romantisme et ses compositeurs.


Un autre enseignant influent est Josef Leopold Zvonar, qui enseigne le chant en utilisant des phonèmes latins et allemands. La langue d’enseignement à l’école est l’allemand, une exigence qui souligne l’importance de maitriser la grammaire et la syntaxe de cette langue, imposée depuis que les Habsbourg autrichiens ont pris le contrôle du Royaume de Bohème en 1526, reléguant la langue tchèque au second plan.


Pour exceller dans ses études de composition et de chant, Dvorak s’inscrit simultanément au Lycée des franciscaines : École Supérieure de la Vierge Marie de Neiges. Il poursuit ses études dans les deux institutions jusqu’à sa graduation avec mention d’excellence en 1859.

Dans les années 1850, après la révolte de Prague en 1848, le contexte socio -politicoculturelle du Royaume de Bohême entre dans une période historique connue sous le nom de Renaissance tchèque, marquée par la réinstauration de la langue tchèque. Cette langue, parlée par la population depuis l’établissement des Slaves occidentaux au Vème siècle, avait été marginalisée au profit de l’allemand autrichien sous le règne des Habsbourg. Les revendications sociopolitiques tchèques s’intensifient dans les années 1830, culminant avec la publication en 1839 du Dictionnaire tchéco-allemand de Josef Jungmann, basé sur la grammaire tchèque de Josef Dobrovsky et la Bible de Kralice, traduite par les Frères tchèques au XVIe siècle dans le cadre de la Réforme.

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