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Immigration : la FFT réclame plus d’égalité

Dernière mise à jour : 16 févr.

Denis Lord – IJL – Réseau. Presse – L’Aquilon


Alors que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest consulte la population sur sa stratégie d’immigration, la Fédération franco-ténoise (FFT) demande que les règles pour les francophones soient harmonisées avec celles pour les anglophones.



(Courtoisie Mélika Malabo)


Le GTNO prolonge jusqu’en 2025 sa stratégie 2017-2022 et sollicite des commentaires du public jusqu’au 9 février 2024 pour déterminer de nouvelles priorités et actions. La prolongation de la Stratégie sur l’immigration devrait être publiée en juin 2024.


Cette dernière repose sur les trois volets du Programme des candidats, Employeur, Entrepreneur et francophone – lancé en 2022. Un bilan sur leur efficacité a été rendu public en aout dernier.


Selon Statistique Canada, au troisième trimestre 2023, les Territoires du Nord-Ouest étaient la seconde place au Canada (après le Yukon), où on retrouve le plus d’emplois vacants.


Seize demandes acceptées

Sur 26 demandes de francophones, seize ont été approuvées entre 2017 et 2022, et l’objectif d’augmenter annuellement le nombre de demandes de candidatures francophones approuvées de 5 % n’a pas été atteint.


« Seize demandes acceptées, c’est trop faible, considère la responsable des communications et des relations publiques de la FTT, Mélika Malabo. Il y a de réels efforts faits pour les francophones et nous sommes contents que ce volet existe, ce qui n’est pas le cas dans toutes les autres provinces, mais il y a des points à améliorer. »


La FFT relève que plusieurs exigences sont plus élevées dans le volet francophone que dans le volet Emploi, ce qui a pu contribuer à la modestie des résultats. « On demande aux francophones de maitriser les deux langues, soulève Mme Malabo. Pourquoi ? Le français devrait suffire. »


Le directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest (CDÉTNO), François Afane, favorise ce rejet des doubles exigences linguistiques. « Sauf pour certaines professions, par exemple, dans le domaine de la santé », nuance-t-il.


La FFT dénonce également la clause de fonds d’établissement spécifique au volet francophone, qui exige du candidat la preuve qu’il possède 10 000 $ en banque en plus de 2000 $ par personne à charge. « Pourtant, la personne est parfois déjà sur place comme travailleur temporaire, relève Mélika Malabo. Dans le volet Employeur, on demande seulement le contrat de travail et le taux horaire. »


Un objectif francophone

La FFT et le CDÉTNO souhaitent que le gouvernement ténois se fixe un objectif en termes d’immigrants francophones. Il pourrait s’agit d’un nombre ou d’un pourcentage du total des immigrants reçus, comme au fédéral. « On ne peut établir de cible pour l’instant, concède la représentante de la FFT. Nous ignorons si le GTNO va se positionner à ce sujet et nous voulons rencontrer la ministre Cleveland pour en parler. […] Mais nous aimerions que la cible soit significative et tienne compte du temps perdu au fédéral, alors que celui-ci n’atteignait pas sa cible. Ça doit être accompagné de mesures incitatives pour l’accueil et la rétention, qui est le nerf de la guerre. »


Le CDÉTNO souhaite quant à lui que le GTNO investisse davantage dans la promotion et l’attraction des immigrants francophones. Le 8 février prochain à l’Hôtel Explorer, les employeurs des Territoires auront l’occasion de rencontrer des représentants d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et d’Emploi et Développement social Canada qui pourront répondre à leurs questions sur le recrutement international.


À plus long terme, le CDÉTNO plaide en faveur d’un projet pilote panterritorial où seraient assouplies les barrières fédérales liées à la langue, au quota d’employés immigrés admissibles dans une entreprise, toutes mesures qui, selon M. Afane, ont des impacts sur le programme des candidats.


Amincir la bureaucratie

« Le gouvernement devrait faire de l’immigration francophone et de la réunification des familles une priorité. Les organisations francophones sont sous-utilisées, », statue quant à lui le député de Range Lake, Kieron Testart. « Nous avons ici une solide culture francophone ici, de multiples ONG, des services gouvernementaux en français, et nous savons qu’il y a du financement pour l’immigration francophone. Nous devrions nous servir de ça pour attirer davantage de francophones du Canada et d’ailleurs. »


Par-delà le fait francophone, le député Testart assure que la stratégie d’immigration ténoise gagnerait à simplifier sa structure organisationnelle et à éliminer un excès de bureaucratie.


« Structurellement, l’immigration est divisée entre deux ministères (Éducation, Culture et Formation et Industrie, Tourisme et Investissement) qui ne sont pas assez complémentaires. La première étape est de fusionner ça en un seul ministère, dit-il. […] Nous avons besoin d’une division de services consacrée aux nouveaux venus, qui peut faire le pont avec les ressources communautaires et les groupes comme l’Association culturelle philippine de Yellowknife, etc. »


Le député de Range Lake préconise en outre de se défaire des lourdeurs bureaucratiques. « C’est trop difficile d’emmener quelqu’un ici, dit-il. Il faut six mois aux infirmiers immigrés pour avoir le droit de pratiquer aux Territoires du Nord-Ouest, donne-t-il comme exemple. Dans des provinces comme l’Ontario, tu peux commencer à travailler tout de suite. Pourquoi alors venir aux TNO ? »


M. Afane, du CDÉTNO, dit être en discussion avec différents ordres professionnels et paliers de gouvernement pour faciliter la reconnaissance des acquis et des diplômes.

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